Au fil des miellées

Un des attraits de la pratique de l’apiculture c’est qu’elle vous immerge dans la nature. Vous devenez un observateur averti de l’écosystème car vous et vos abeilles en dépendez.

Au bout d’une saison de pratique vous assimilez aisément le calendrier des floraisons : en mars le cerisier, en avril le pommier et le colza, en mai l’acacia, en juin le châtaignier, en juillet le tilleul. Puis en août c’est la disette… Ce suivi attentif de votre milieu naturel vous permet de percevoir des évènements qui passent inaperçues aux non-initiés.

Fleurs vs miellée : condition nécessaire mais pas suffisante

Seulement, voir des fleurs n’implique pas nécessairement l’existence de nectar, donc de ressources pour les abeilles. Les miellées sont conditionnées par de nombreux facteurs : la température et humidité ambiantes, les dernières pluies et leur intensité, la profondeur des racines pour des plantes comme le colza ou le tournesol, etc.

La miellée n’est donc ni acquise ni aisée à identifier. D’autant plus que vous n’allez pas monter la garde sous le pommier de votre voisin pour voir quand elles viennent le butiner !

Mesurer c’est comprendre

Un capteur de poids installé sous la ruche vous donnera des informations bien plus détaillées. D’un simple coup d’œil il devient possible de suivre le déroulement des miellées, leur intensité et également les périodes de disette.

Au-delà de l’aspect ludique, il s’agit d’un réel outil d’aide à la décision qui vous permet de juger du moment opportun pour installer une nouvelle hausse ou, au contraire, de soutenir une colonie en manque de réserves.

Les données transforment la pratique de l’apiculture. Notre compréhension du milieu environnant devient plus précise, plus intense.

fig 1 : Calendrier des miellées d’une colonie. Les cercles verts indiquent une augmentation du poids, alors que les rouges indiquent une perte de poids de la ruche. Leur taille est proportionnelle à la quantité gagnée ou perdue.


La Ferme Digitale au coeur de Paris

Le 5 juin 2019, nous avons participé au LFDay. Voici le compte rendu de nos impressions !

Une initiative pas comme les autres

La Ferme Digitale pourrait à quelques égards être comparée avec des initiatives de transformation comme l’Usine du Futur ou Industrie 4.0. Néanmoins, elle présente deux caractéristiques bien propres :

La première est qu’elle a été fondée par des visionnaires entrepreneurs. Ils ont créé cette association sans que personne ne leur demande.  En dehors de toute initiative institutionnelle ou étatique, c’est l’expression du besoin de fédérer des acteurs d’une filière. Paolin Pascot fondateur de la place de marché agriconomie.com et Florian Breton fondateur de miimosa.com le site de financement participatif pour les agriculteurs sont à l’origine de cette initiative.

La seconde concerne les valeurs. Dans les objectifs fondateurs de l’association sont clairement exprimés l’engagement pour l’écologie, pour la société et pour les agriculteurs.

L’ambition est énorme et la techno n’est qu’un moyen

Il n’est pas seulement question de technologie ou de numérique : il est question de se battre pour l’agriculture et l’agronomie de demain, de pérenniser l’agriculture française. Il faut réussir la transformation écologique, économique au même temps que celle des modes de consommation.

Ces enjeux étaient palpables dans les couloirs de l’exposition avec la centaine de startups de l’AgriTech qui exposaient leurs produits et idées. Une centaine d’acteurs, c’est à la fois beaucoup et pas suffisant. Avec 13Md$ investis dans le monde ces 5 dernières années dans l’AgriTech, dont 5Md$ rien qu’en 2018 (source Digital Food Lab), il s’agit d’une vraie accélération, même si, sans surprise, la Chine et les Etats-Unis se placent sur le podium et que l’Europe apparaît à la traîne avec seulement 8% de ces investissements.

Les agriculteurs doivent être acteurs

On a également entendu que les agriculteurs doivent prendre leur communication en main pour que « d’autres ne parlent à notre place ». J’ai plus envie de dire qu’une révolution est en marche, et qu’il faut qu’ils en soient partie prenante. Dans les couloirs de l’expo, il manquait plus d’agriculteurs, intéressés par les nouvelles technologies et leurs applications pratiques.

Un mouvement est en train de grandir. Les exploitants agricoles doivent s’en saisir à risque d’être une fois de plus soumis à des forces qui les contraignent.

Tech for good ?

Résonnent encore les paroles de Cédric Villani lors du discours de clôture « Le rêve est bien sûr la réconciliation de l’humanité avec l’agriculture et l’environnement ». Voici une idée qui donne matière à réfléchir et avec laquelle j’ai envie de clore cet article.

 

L.Pons


Le cas de la ruche 5

Le cas de la ruche 5

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Notre ruche R5 qui en 2018 avait réalisé une belle miellée d’acacia ne semble pas très bien réussir en 2019. Alors que lors des inspections elle semblait bien se développer, les résultats sont sans appel : 4,9 kg produits contre 15,8 l’an dernier. Le détail journalier est donné ci-dessous :

L’apiculteur hâtif attribuerait cette baisse de production à un défaut de miellée, ou à une reine en déclin. « Elle a bien marché l’an dernier et doit baisser de régime cette année » aurait-il (ou elle) pu dire.

Voyons néanmoins ce que disent les données.

Tout d’abord l’état du couvain

Notre ruche présente une excellente vitalité. Elle affiche une température du couvain à 35°C ultra-constante tout le mois d’avril. Sans l’ouvrir, nous pouvons assurer qu’elle dispose d’au moins 4 cadres de beau couvain. Il n’y a pas eu d’essaimage non plus sur la période.

  • Non, la reine n’est pas en déclin.

Ensuite, comparons avec les pairs

Nous avons la chance d’avoir deux autres ruches équipées de capteurs dans un rucher B à seulement 2.6 km à vol d’oiseau. Les R17 et R26 présentent également un couvain pleinement développé comme la R5. Nous pouvons comparer ces trois colonies entre elles. Nous constatons que, finalement, R17 et R26 font nettement mieux : +7,2kg et +10,5kg respectivement. Bien que les niveaux soient différents, les tendances journalières sont assez proches entre les trois ruches (voir ci-dessous) avec des journées rouges et des journées plutôt vertes (elles doivent toutes être abonnées à Bison futé).

  • Non, pas de défaut de miellée.

Jusqu’ici, nous pouvons écarter comme causes possibles une reine vieillissante ou un manque de ressources.

Quid de la météo ?

Normalement, la météorologie générale ne devrait pas être la cause non plus. Les deux ruchers sont très proches et à ce niveau, donc les conditions climatiques sont identiques. Sauf que… Regardons les températures maximales journalières dans chacun des ruchers :

Très clairement, le rucher A dans lequel se situe R5 est dans un environnement plus frais que le rucher B. La température maximale moyenne d’avril 2019 est de 18,2°C pour le premier et 21,2°C pour le second. Trois degrés d’écart qui semblent faire toute la différence.

Les 20,5°C atteints en 2018 sur le rucher A semblent corroborer l’hypothèse que le paramètre clé de notre analyse est l’exposition du rucher. Effectivement, il se trouve que le rucher A se situe dans un bois sous une couverture végétale d’acacias, alors que le rucher B est également en zone boisée mais au milieu d’une clairière.

Bilan des courses

Nous en concluons que finalement l’exposition du rucher est à l’origine des faibles niveaux de production de la ruche 5. Les abeilles étaient présentes, les ressources aussi, la météo également. Mais pas l’ensoleillement. Il a suffi d’une année un peu plus fraîche que la précédente, 2°C d’écart en température maximale mensuelle, pour limiter la production d’avril dans ce rucher.

Rucher A

Rucher B


digital beekeeping - apiculture numérique

Les fondations de l’apiculture numérique

Vous avez certainement entendu parler de ruches connectées. Celles-ci s’inscrivent dans un concept plus large : l’apiculture numérique.

L'expression Apiculture Numérique fait référence à une vision systémique de la pratique de l’apiculture. Il s’agit d’une intégration cohérente de l’ensemble d’informations utiles et nécessaires à l'apiculteur.

Les quatre piliers

De façon générale, l’apiculture numérique repose sur quatre piliers :

  • les colonies d’abeilles, avec ses paramètres vitaux
  • la nature, avec la météorologie et les floraisons
  • l’apiculteur qui constate et agit sur son environnement
  • la communauté qui ouvre le champ d’une compréhension approfondie.

C’est seulement lorsqu’on relie ces quatre sources d’information que le système peut être abordé dans son ensemble. Il devient alors possible de concevoir des services à forte valeur ajoutée.

  • Savoir qu’une miellée démarre est une information utile pour l’apiculteur. Pouvoir la relier avec la floraison environnante et la contextualiser grâce à l’historique des floraisons des années précédentes, c’est encore mieux.
  • Une ruche présentant une température de couvain en baisse est une information inquiétante qui pointe un couvain en déclin. Pouvoir la contextualiser avec les dernières opérations de l’apiculteur ou avec la dynamique des ruches voisines, c’est toujours mieux.

Fournir des renseignements décisionnels

L’objectif ultime de l’apiculture connectée est de fournir à l’apiculteur des renseignements décisionnels

Un renseignement est dit « décisionnel » (les Anglo-Saxons disent « actionable ») lorsqu’il est : rapidement compréhensible car exprimé dans le jargon du métier, mis en contexte, d’actualité à l’instant t et ouvrant la possibilité d’une action pour apporter une solution.

Dans cet état d’esprit, les apiculteurs professionnels disposent d’un nouveau levier pour optimiser leurs opérations.

Quant aux apiculteurs de loisir, ils peuvent compter sur un guide pour améliorer leur pratique s’ils débutent, ou pousser leurs recherches et expérimentations pour les plus curieux d’entre eux.

Dans les deux cas, la pratique de l’apiculture se voit transformée. Elle est plus intense, plus pertinente et plus précise.

Un sixième sens

Les outils numériques n’éloignent pas l’apiculteur de la nature. Au contraire, ils lui apportent des clés pour mieux comprendre des évènements qui se déroulent, trop souvent à l’écart de ses cinq sens.


vivatech paris mellisphera

Vivement VIVATECH !

Mellisphera participera au salon VIVATECH 2019 aux côtés de la délégation de la Région Nouvelle Aquitaine.

Ce sera une belle occasion de montrer au public comment la data science contribue à la connaissance des abeilles. Nous préparons déjà différents supports inédits pour l’évènement.

Nous allons exposer également, pour la première fois en Europe, le tout dernier capteur T2 de nos amis de Broodminder. Ce petit bijou de technologie conçu spécifiquement pour les besoins des apiculteurs cache bien son jeu avec un tarif très accessible et des capacités hors norme.

Nous ferons le déplacement avec nos amis de ST37 Sport et Technologie et Prof-en-Poche qui seront aussi de la partie, tout autant que la quinzaine de jeunes pousses de l’écosystème néo-aquitain.

Un grand merci à la Région Nouvelle Aquitaine pour sa confiance.

Rendez-vous à Paris le 18 mai !


naia intelligence artificielle apiculture connectée

NAIA forum néo-aquitain de l’intelligence artificielle

Nous étions à Bordeaux le 19 mars 2019 pour rapprocher l’apiculture connectée de l’intelligence artificielle. Mellisphera embarque actuellement de l’IA dans le carnet de notes automatique. Ce module permet à l’apiculteur de rédiger son intervention comme il le ferait sur papier et traite ensuite les informations pour les classer de façon pertinente.

Le forum nous a offert l’occasion de rencontrer des pointures de l’IA comme LumenAI ou SofTeamAI mais aussi Cdiscount, l’INRIA et l’Université de Bordeaux. Autant d’acteurs qui entourés des nombreuses start-up du numérique ont rendu cet évènement très riche de contenus.

Une mention spéciale pour le Dr. Pellegrini qui nous a soigné quelquse bobos au numérique avec sa thérapie de choc ;)

NAIA est organisé par le journal Sud Ouest et le groupe Suez.


A la rencontre des apiculteurs des Amériques

ABF american beekeeping federation Bee InnovativeChaque année, la Fédération Américaine d’Apiculture (ABF) organise son congrès international.

Notre ami Rich Morris, fondateur de Broodminder, nous a invité pour venir présenter le prototype de Mellisphera aux apiculteurs américains. Avec Rich et Theo, nous avons rencontré des apiculteurs du Canada, des USA et du Mexique. En Amérique les apiculteurs professionnels sont appelés « commercial beekeepers » alors que les amateurs s’appellent « backyard beekeepers ».

Ces échanges nous ont permis de prendre conscience de la similitude des problématiques sur nos deux continents : perte de productivité, environnement très contraint, charges d’exploitation importantes… Les Etats-Unis ont néanmoins trois caractéristiques propres : la prépondérance des services de pollinisation, des exploitations immenses allant jusqu’à 6000 ruches (Tout est grand chez l’oncle Sam !). Sans oublier un facteur de perte supplémentaire : les dégâts causés par les ours.

Nous avons échangé sur l’apiculture connectée avec les développeurs de HiveTracks et The B-App. Ce sont deux des logiciels de gestion de ruchers les plus connus dans le milieu.

Côté conférences, les présentations de Marla Spivak et autres chercheurs américains ont été d’un grand intérêt.

Un moment fort ? La table ronde intitulée « Hive Monitoring Technology: Fad or the Future? ». Celle-ci était modérée par James Wilkes de HiveTracks, avec des participants comme Rafael Cabrera (Solution Bee) M. O’Keefe (O’Keefe Electronics), Jonathan Engelsma (Bee informed Partnership) Brandon Hopkins (Enthomology Uni. Washington), Itai Kanot (BeeHero) et Rich Morris (Broodminder).

Cette deuxième semaine de janvier pose clairement le décor pour 2019 : des rencontres d’une grande intensité, beaucoup de choses ajoutées à notre to-do-list… Sans oublier tout ce bon temps passé ensemble avec Broodminder!

 


LibreCon powered by CEBIT congrès Bilbabo mellisphera

Salon LibreCon sur le logiciel libre

LIBRECON powered by CEBIT a été co-organisé par l'association des entreprises de technologies libres d’Euskadi (ESLE) et la Deutsche Messe.

Les acteurs du logiciel libre français y étaient représentés par le Pôle Aquinetic en fer de lance. Trois start-up de l’écosystème Aquitain faisaient partie de la délégation : Mapotempo, Lynxter3D, et Mellisphera.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer les entreprises espagnoles du logiciel libre, et de participer aux nombreux exposés reliant cas d’application et technologies.

Notre conférence nous a permis de parler d’apiculture et de ruche connectée dans le premier pays producteur de miel d'Europe.

La cerise sur le gâteau aura été la keynote de Richard Stallman, gourou de l’open source. Il est le fondateur de la Free Software Foundation et le père de la licence GNU General Public License.

 


Mellisphera congrès Apiculture Lorenzo Pons

De retour du Congrès d’Apiculture

Nous aurons vécu cinq jours d’une intensité rare au Congrès d’Apiculture et Apithérapie de Rouen. Nous avons eu le plaisir de rencontrer des apiculteurs passionnés venus de tous horizons et avec une grande diversité de pratiques.

Nous avons recueilli de nombreux avis éclairés sur les attentes des apiculteurs. Ils sont précieux pour l’évolution de Mellisphera et son concept de ruche connectée.

Cela aura été aussi l’occasion de partager nos points de vue avec nos collègues concurrents au concours innovation : la ruche pédagogique de Locaruche, Connecthive, BeeGleam ou Ergonomiel. Nous avons également rencontré des personnalités du monde de la ruche connectée comme Maxime Mularz de Hostabee, Bertrand Laurentin de LabelAbeille ou Christian Lubat de Beeguard.

Le prix de l’innovation nous aura échappé. C’est que nous avons encore du travail à fournir pour apporter toute la valeur ajoutée attendue par la profession.

De retour à Pau, nous poursuivons le développement de Mellisphera avec l’objectif de proposer une solution numérique inédite pour tous les apiculteurs.




Rendez-vous au Congrès d'Apiculture

Venez découvrir Mellisphera du 25 au 28 octobre au 1er Congrès International d’Apiculture et d’Apithérapie. L’événement est organisé par le Syndicat National d'Apiculture, en partenariat avec le Syndicat Apicole de Haute-Normandie et l'Association Francophone d'Apithérapie.

Pour celle qui sera notre première présentation publique, nous allons participer au concours innovation aux côtés d'une dizaine d'autres participants. Ce sera une belle occasion de présenter notre vision et nos solutions d'apiculture connectée.

Nous espérons échanger avec de nombreux apiculteurs pour recueillir votre regard sur notre prototype. Vos avis sont d’une grande valeur pour le développement de Mellisphera.

En espérant vous voir nombreux nous rendre visite !

Hall 5 - Stand 28H

congrès apicole SNA mellisphera