Division de ruche

Division de ruche - Suivre la nouvelle colonie sans la déranger

La division de ruche peut être réalisée par de multiples méthodes. Dans tous les cas le résultat attendu est le même : la nouvelle colonie va devoir élever ou adopter une nouvelle reine.

Ce remérage n’est pas toujours garanti et peut parfois échouer. L’apiculture de précision permet de suivre le processus de remérage dès la création de la colonie. Elle identifie, sans intrusion, les colonies qui réussissent et celles qui ont plus de difficultés, voire qui échouent.

Quand effectuer la division d'une ruche ?

La division d’une colonie en ruchettes peut être réalisée, sans la mettre en difficulté lorsque la ruche atteint un niveau de couvain suffisant pour être prélevée de 2 ou 3 cadres. En pratique, ce stade de « maturité » dépend de deux paramètres majeurs :

1/ la dynamique globale du rucher, qui est caractérisée tout d'abord par son emplacement. Très clairement, le développement des quatre ruchers ci-dessous à Paris, Marseille, Pau ou Bayonne est très différent. L’effet des zones climatiques est net, mais la localisation du rucher conditionne aussi son développement. Prenons comme exemple les ruchers de Pau et Bayonne qui ne sont pas très éloignés géographiquement, mais qui sont exposés très différemment.

Cette année, le sud-ouest de la France (Pau, Bayonne) a réalisé un bon départ, notamment à cause d’un hiver doux qui a permis la ponte dès le mois de janvier. Marseille a 15 jours de décalage, mais présente également un développement très fort en quelques semaines. A Paris les températures plus fraîches justifient un démarrage plus en douceur, mais une fois franchie cette période, le décollage est également de qualité !

Couvain moyen de quatre ruchers sur des zones climatiques différentes en France

2/ la dynamique de la ruche est également un paramètre important.  En effet dans un même rucher les colonies ne se développent pas de la même manière. C'est le cas par exemple à Pau (voir graphe ci-dessous) où l’écart entre le démarrage de la première ruche et celui de la dernière est d'environ un mois.

Compte tenu de ces deux facteurs, chaque rucher et chaque ruche atteindra un stade apte à la division à une période donnée. Alors que pour l'apiculture classique on se décide "à peu près", en apiculture de précision il est possible d'avoir un repère plus fin du stade de développement.

En règle générale j’envisage une division lorsque la ruche a atteint 65% de couvain. C’est une règle simple qui aide à organiser les opérations sur le rucher.

La division de ruche en pratique

Prenons l’exemple du rucher de Pau.
J’ai décidé de diviser les ruches R3 et R7 le 15 mars. Ces deux ruches, les plus fortes du rucher, avaient pris leur envol les jours précédents, atteignant un niveau de couvain de 70%.

Développement des colonies depuis le 1er janvier. Les ruches R3 et R7 sont prêtes à être divisées le 15 mars. Les autres ruches, un peu moins développées, le seront plus tard.

Les divisions par prélèvement de 2 cadres (voir techniques de division en bas de cet article), ont donné deux ruchettes : RA et RC. Aucune reine n'a été prélevée, ni introduite. C’est donc, à partir du couvain frais que les abeilles vont devoir élever leur nouvelle reine. Dans ces conditions, le calendrier théorique est le suivant :

15 mars j division avec 2 cadres de couvain
31 mars j + 16 naissance de la reine (au plus tard)
05 avril j + 21 dernière ouvrière née
7 avril j + 23 maturité de la reine / fécondation
08 avril j + 24 dernier mâle né
10 avril j + 26 reprise de ponte 3j après fécondation
calendrier théorique des événements attendus suite à division

La naissance de la reine à j+16, suivie de la période de fécondation, nous amènent à j+26 environ pour la reprise de ponte. Nous devrions donc constater la reprise de ponte à partir du 10 avril🤞.

Assurer un suivi non intrusif du remérage des colonies après division

Chacune des deux nouvelles colonies a été équipée d’un capteur de température pour monitorer son développement. Leur progression est assez nette. Quelques jours après la mise en place de la ruchette, nous constatons une diminution progressive de couvain jusqu'au 8 avril environ. En revanche, à partir du 10 avril les deux ruchettes affichent des comportements très différents.

Trajectoires réelles des ruchettes RA et RC superposées avec le calendrier théorique.
La reprise de ponte est effective pour RA à la date prévue, alors que RC est bourdonneuse.

La ruchette RA a suivi un développement sans incident. La diminution du couvain sur la première phase est nettement repérable. Dès le 10 avril, avec la nouvelle reine, la reprise s’installe. Un parcours parfait !

En revanche, pour RC les choses ont été plus compliquées. La première période est identique à celle de RA (les deux colonies démarrent avec 2 cadres de couvain). Mais RC n’arrivera pas à redémarrer. Son niveau de couvain restera autour de 20%. Il n’y a pas de nouvelle reine qui pond, car il s’agit d'un couvain de mâles. La ruche est devenue bourdonneuse. La division a échoué.

Éviter les sur-températures du couvain

En regardant de plus près les raisons qui ont pu faire échouer la deuxième division (RC), j’ai constaté pour ce couvain, un certain nombre d’alertes de sur-température.

Les mesures ci-dessous semblent démontrer que la sur-température  (>38°C) affecte les petites colonies. Alors que, dans le même rucher, les ruches d’une plus grande taille ne la subissent pas.

Quatre épisodes de sur-température au sein de la ruchette RC impactent le développement du couvain.

Clairement RC a subi quatre épisodes de sur-température en avril, alors que RA n'en a pas eus. Ces stress thermiques doivent affecter le couvain jusqu'à un certain point. Impossible d’en dire plus à ce stade, mais la leçon apprise est la suivante : il faut faire attention aux sur-températures dans les ruchettes pour assurer aux divisions les meilleures chances de réussir.

Une explication possible est que la ruchette RC est de construction plus sommaire: des parois de moindre épaisseur, pas de nourrisseur et un toit basique en tôle, posé directement sur le couvre-cadres. Voyant les sur-températures apparaître, j’ai ajouté un nourrisseur et un isolant de 4 cm sous le toit, le 19 avril. Peut-être était-il déjà trop tard…

La ruchettes RC à gauche est d'une construction plus sommaire que la RA à droite. Ce qui la rend plus sensible aux sur-températures

La ruchette RA a subi également des sur-températures au courant du mois de mai. Elle avait déjà démarré et a pu surmonter la difficulté. Toutefois, il est probable que le développement du couvain s’en soit également ressenti. A cette période, il lui restait toujours un cadre à bâtir, alors qu'elle était partie sur une très bonne dynamique.

J'ai divisé en emportant la reine ? 😅

Avant de terminer cet article, voici deux nouvelles divisions. Cette fois, dans un rucher Parisien.
Elles sont le résultat d’un prélèvement de 4 cadres sur 4 ruches différentes et installées dans deux ruches Dadant de 10 cadres. Les divisions RF (Ruche F) et RI (Ruche I) ne démarrent pas le 15 mars comme à Pau, mais le 15 avril.

Dans ce cas de figure, on constate que le volume de couvain descend pour la ruche RF mais pas pour la ruche RI. Pour quelle raison ? Probablement, lors de la division, la reine d'une des ruches-mères a été emportée sur le cadre. La colonie RI a redémarré de plus belle et c’est la ruche mère qui a dû se remérer. Rien de grave mais mieux vaut être prévenu !

Deux divisions qui n'ont pas les mêmes chances de départ. L'une avec reine incorporée (RI) démarre rapidement alors que l'autre division RF doit élever une reine. Quelques temps après, courant juin elles sont à nouveau au coude à coude !

En conclusion : Améliorer sa pratique pour mieux réussir l’élevage

Nous savons combien un essaim d’abeilles est précieux de nos jours. Ces exemples montrent qu'il est possible d'accompagner le développement de la nouvelle colonie sans la déranger. Il a été également possible d’en tirer des leçons simples qui contribueront à améliorer la pratique pour les divisions à venir.

L’objectif recherché est simple : Réussir un maximum de divisions !


Références sur la division de ruche



Quels outils et techniques pour Maitriser l'essaimage ?

Maîtriser l’essaimage – Outils et techniques pour agir au bon moment

L'essaimage est le mode de reproduction de la colonie. Toutes les ruches sont programmées pour essaimer. L'apiculteur s’efforce de contrôler cette mécanique millénaire pour assurer une meilleure production. Il existe des techniques et méthodes destinées à maîtriser l'essaimage : tout apiculteur les exécute selon ses connaissances. Il applique des actions préventives en espérant qu'elles auront l'effet escompté. Toutefois, c'est la nature qui décide de la suite, sans que l'apiculteur en soit informé.

La bonne nouvelle, c'est qu'il est maintenant possible de connaître très précisément les agissements de la colonie. Lorsqu'on mesure sa dynamique, on découvre des événements insoupçonnés et, parfois, carrément au delà de ce qui est dans les livres. Ces nouvelles informations ouvrent la possibilité d'une meilleure compréhension de la ruche et partant de mieux contrôler l'essaimage.

Techniques courantes pour contrôler l’essaimage

Les techniques visant à maîtriser l'essaimage concernent majoritairement des interventions sur la colonie. Les principaux paramètres qui incitent une ruche à essaimer sont le manque d'espace, l'âge de la reine ou encore sa race. L'écosystème et les conditions climatiques ont également un impact.

En apiculture on cherche à influer sur ces paramètres clés.
Ajouter une hausse ou des cadres à bâtir permet d'élargir le volume et le travail à effectuer par la colonie. Introduire des reines jeunes est également une pratique courante. Une reine de l'année a 2 à 3 % de chances d'essaimer; une reine n+1 en a 20% et une reine n+2, 50%.
La destruction des cellules royales est également une pratique courante. Elle nécessite une manutention importante et ne suffit pas nécessairement à empêcher l'essaimage si la colonie y est engagée.

Sans aucun doute les divisions ou essaims artificiels sont une des meilleures manières de contrôler la dynamique des colonies. En dégonflant drastiquement la colonie, celle-ci est contrainte de se refaire et de cette façon "oubliera" de se reproduire.

Chaque apiculteur s'approprie quelques-unes de ces techniques et les applique selon ses connaissances et du mieux qu'il peut. Il espère toujours qu'elles auront l'effet escompté, sans jamais savoir ce qu'il en adviendra vraiment. Il peut soupçonner un éventuel essaimage lors d'une inspection, mais ça ira rarement au-delà. D'où la question : jusqu'à quel point peut-on maîtriser une technique pour prévenir un essaimage alors qu'on ne sait en mesurer les critères que très grossièrement ?

L'apiculture de précision peut apporter une réponse à cette question.

Une apiculture de précision pour apprendre, enfin, à mieux maîtriser l’essaimage ?

Ce printemps nous avons suivi plusieurs ruches équipées de capteurs internes et de poids. La période des essaimages arrivée, nous avons appliqué les procédures courantes contre l'essaimage. Une des ruches concernées par ces interventions était la ruche R7.

La ruche R7 est une colonie de 2019. La reine marquée en vert a tout juste 12 mois. En principe, elle devrait avoir une tendance moyenne de 20% à l'essaimage . Pourtant, dès le début de la saison, elle se montre super dynamique, avec des niveaux de couvain qui dépassent ses congénères du rucher.

Dynamique de la colonie et chronologie des essaimages - exemple de conduite avec la ruche R7

Le 15 mars alors qu'elle atteint 60% de couvain, a lieu la 1ère division. De ce fait, deux beaux cadres de couvain sont prélevés et mis en ruchette. Objectif : calmer ses ardeurs.

Le 8 avril est opérée la 2ème division avec deux nouveaux cadres de couvain prélevés. De surcroit, dans la même inspection, une hausse est également ajoutée afin d'apporter plus de volume. Ce jour-là, j'ai commis l'erreur de ne pas inspecter tous les cadres à la recherche de cellules royales. Je le sais maintenant, au vu des événements qui ont suivi.

Le 13 avril a lieu le premier essaimage. Un essaim de 3,1 kg d'abeilles abandonne la ruche.

https://www.youtube.com/watch?v=MYldawTKpWQ
Premier essaimage de la ruche R7

Le 18 avril, lors d'une inspection, nous constatons des abeilles sur 4 cadres de la hausse et un début d'entrée de nectar. La colonie travaille.

Oui mais, le 23 avril a lieu un deuxième essaimage !

Et le 28 avril un 3ème essaimage qui a complètement vidé la ruche !

Il n'est pas resté une seule abeille dans la hausse. La population est vraiment réduite. Le couvain est revenu au stade de fin mars.

Évolution du couvain entre début mars et début mai associée aux événements que la ruche a subi. Le premier essaimage est celui de la reine de l'année précédente. Suite à ce premier essaimage, le couvain entame une baisse prononcée. Puisque aucune des nouvelles reines vierges ne reste dans la colonie, le couvain continue sa descente.

Bilan des opérations

Cet exemple illustre à quel point les actions que l’apiculteur croit réaliser n’ont pas toujours les effets escomptés. En fin de compte nous sommes en présence d'une ruche qui a été prélevée de 2 fois 2 cadres, en ajoutant des cires gaufrées. Elle a une reine jeune d' 1 an, avec un espace suffisant (avec ce recul, il aurait fallu mettre la hausse quelques semaines auparavant, quelles qu'en soit les divisions). Malgré toutes nos interventions, la colonie essaime non pas une, mais 3 fois.

Une vue condensée de la période, pour la ruche R7.
A gauche le niveau de couvain qui s'affiche à des valeurs très hautes, de l'ordre de 90%.
C'est à ce moment-là qu'ont lieu les essaimages, comme le montre le calendrier de droite.
Les lèves-cadres rouges indiquent les deux divisions de la colonie.

Maîtriser l'essaimage à l'aide des données - Leçons apprises.

Sans les mesures, l'apiculteur n'aurait jamais su que la ruche a essaimé trois fois en moins de 15 jours. C'est la part intéressante de cette expérience. Au mieux, sa réflexion se serait réduite à un simple "mince elle doit avoir essaimé !".

Jamais il ne serait parvenu à ces deux conclusions : "j'aurais dû mettre la hausse plus tôt" et en raison du très fort volume de couvain, début avril (alors qu'il a plu très souvent), "j'aurais dû réaliser une recherche de cellules royales".

Grâce à la connaissance détaillée de ces événements, l'apiculteur a la possibilité de percevoir les "erreurs" commises. Ainsi que ses axes d'amélioration. Comme disait Lord Kelvin, "c'est lorsqu'on mesure, qu'on sait dire quelque chose à propos de ce qu'on fait".

Cette expérience et celles conduites ailleurs permettent d'arrêter quelques usages pratiques :

  • Diviser systématiquement les ruches qui atteignent 60% de couvain.
  • Suivre les ruches du rucher dans leur ensemble. Comparer leurs dynamiques respectives et se méfier de celles qui "sur-performent". Elles risquent de "sous-performer" à l'arrivée !!
  • Après la première division, si la ruche n'accuse pas de baisse de % de couvain, elle pourra être divisée une deuxième fois.

Soyons humbles. Malgré le suivi de ces conseils, il se peut que la nature en décide tout autrement. Lorsque rien de tout cela ne suffit à maîtriser l'essaimage, il reste le Plan B : attraper l'essaim.

Techniques de monitoring appliquées à la détection de l'essaimage

Une ruche équipée d'une balance permet de visualiser les essaimages sur les courbes de poids. C'est le cas pour la ruche R7 qui dispose d'une balance BroodMinder-W. Chaque essaimage y est parfaitement identifiable.

Mais les mesures qui illustrent cet article ne sont pas issues de la balance. Il faudrait, alors, envisager d'équiper toutes les ruches de balances électroniques, ce qui n'est pas viable. Ce sont les capteurs internes de la ruche, BroodMinder-T2, associés à l’algorithme BSwarm de Mellisphera qui fournissent ces informations. Ces petits capteurs internes, qui mesurent la température, suffisent dans la majorité des cas à identifier l'essaimage.

En effet, lorsque la colonie essaime elle arrête de réguler sa température. Cette variation est détectable et permet d'identifier l’événement.

L'avantage de ce type de capteur est d'être financièrement bien plus abordable qu'une balance. Par ailleurs, c'est également ce capteur qui fournit les informations permettant de calculer le volume de couvain de la colonie, avec un autre algorithme qu'on appelle BForce..

T2-SwarmMinder, un outil enfin disponible pour maîtriser l'essaimage !

Quel apiculteur n'a pas rêvé de savoir quand une ruche essaime ? Mieux encore, en détecter les prémices deux ou trois jours avant ?... C'est un rêve désormais accessible ! Ce printemps BroodMinder a dévoilé le nouveau T2-SwarmMinder. Il s'agit d'un capteur T2 "classique" mais avec un nouveau micrologiciel. Il embarque un algorithme de détection de l'essaimage ou plus précisément d'"événements de température". En effet, lors de sa mise au point démarrée au printemps 2019, nous avons découvert qu'il détectait plusieurs types d'événements....

La suite au prochain article !



capteurs de température

Le nouveau T2 SwarmMinder avec détection d'essaimage... arrive !

Le capteur de température T2 de nos amis de BroodMinder fait un grand bond en avant ce printemps. Le matériel reste inchangé, mais le cœur de ce petit capteur est complètement revu. En effet le logiciel embarqué est maintenant capable de détecter les événements au sein de la ruche. Un pas en avant majeur pour fiabiliser la détection d'essaimage.

Petit capteur, grands atouts !

Jusqu'ici le capteur BroodMinder T2 assurait la mesure de la température du couvain. Cette information est d'une grande utilité dans l'évaluation de la santé et de la dynamique de la colonie. Il permet ainsi de suivre plusieurs ruches dans un rucher et de comparer leurs comportements respectifs.

En 2020 ce capteur initialement passif, devient actif. Son nouveau micrologiciel intègre un algorithme qui, lors de la mesure de température, scrute la nature des variations. Lorsqu'une évolution anormale est détectée, il se met à "écouter" avec une oreille plus attentive. Si cette variation se confirme, à la prochaine mesure il enregistre une alerte. Celle-ci sera rapportée à l'utilisateur.

L'alerte est enregistrée en même temps que les mesures. Lorsque l'utilisateur prélèvera les données il verra qu'un "Temperature event" a eu lieu avec la date et l'heure précises.

Cet événement n'indique pas nécessairement une détection d'essaimage, comme nous le verrons plus bas, le capteur identifie également d'autres phénomènes.

Deux vues de l'App BroodMinder Apiary : A gauche la vue synthétique avec l'ensemble des capteurs du rucher. Celui de la ruche R8 montre une alerte le 18/05. A droite la vue de détail de la ruche R8 qui précise l'heure de l'événement.

Notification d'essaimage en temps réel

Le Hub (Cell ou WiFi) participe activement à la notification des événements. Lorsque le rucher est équipé de ce boitier de transmission automatique, l'apiculteur est notifié à l'instant même de l’événement.

Lorsque le T2 bascule en mode surveillance, le Hub, qui normalement scrute les informations toutes les heures, passe également en mode surveillance. Dans le cas où le capteur T2 confirme l'alerte, le Hub la transmet directement vers le cloud.

L'apiculteur recevra une notification par e-mail ou SMS !

Transmetteur de données broodminder participe activement à la détection d'essaimage

Essaimages enregistrés en haute fidélité

La possibilité de modifier la fréquence d'information est une autre option sympathique du nouveau T2-SM. Initialement fixé à 60 minutes, il est maintenant possible de configurer un relevé toutes les 15 minutes.

Les mesures qui en résultent sont extraordinaires. Le déclenchement et le déroulement de l'essaimage sont tracés avec une grande précision. Chaque séquence est clairement identifiable. A tel point que lorsque vous aurez la chance d'être sur place, nous vous conseillons de noter les observations à la minute près, pour bien pouvoir les corréler avec les mesures.

Un beau cas de détection d'essaimage

Il y a 15 jours notre ami Theo Hartmann qui avait installé quelques uns des nouveaux T2 dans son rucher, a reçu une alerte SMS l'informant qu'un événement avait lieu. Sur le relevé des mesures, en même temps que la température montait, il a vu chuter le poids de la ruche de 2kg, Le graphique ci-dessous le montre bien. Il s'est rendu au rucher et a trouvé l'essaim accroché à un arbre à proximité de la ruche.

Mais l'expérience ne s'arrête pas là. De façon remarquable, comme on peut le voir dans la suite du graphique de poids et la photo ci-dessous, les abeilles sont retournées à leur ruche une heure plus tard. Theo en a été témoin non sans un brin d'excitation !

Variations de poids et température dans la ruche lors d'un essaimage
L'essaim revient à sa ruche de départ après une excursion de 1 heure
L'essaim revient à sa ruche de départ après une excursion de 1 heure

Tout un monde à découvrir - l'exploration continue !

La mise au point du système SwarmMinder a démarré au printemps 2019. Elle a duré 15 mois car il nous faillait des essaims pour pouvoir le tester ! Durant ces deux printemps nous aurons scruté tous les essaimages possibles des deux côtés de l'Atlantique. Aussi, pour pallier au manque d'essaimages en hiver, BroodMinder a mis au point un simulateur d'essaimage. Très pratique pour effectuer des tests de détection, bien au chaud et sans danger 🙂

Le système est maintenant pleinement fonctionnel. Il fournit des informations inconnues auparavant qu'il faut apprendre a caractériser. Sur l’interprétation des données il nous reste beaucoup à découvrir. Par exemple, Théo a montré que le capteur enregistre différents types d'événements, autres que l'essaimage. Parfois il s'agit de signaux précurseurs, quelques jours avant l'essaimage...

Nous sommes au début d'une exploration. Si vous possédez un capteur T2 classique, mettez à jour le micrologiciel et lancez-vous dans l'aventure !
Faites-nous part de vos découvertes à support@mellisphera.com



Rucher pour l'apiculture de loisir

Connecter un rucher pour l'apiculture de loisir

Quelle est la meilleure configuration pour connecter un rucher de loisir ? Voici l'une des premières questions que posent nos futurs clients. L’interrogation est fondée, car le système Mellisphera-Broodminder est modulaire et permet de multiples options.

L'apiculture de précision est une pratique récente. Les premiers dispositifs étaient relativement onéreux. Destinés aux professionnels, ils permettaient un suivi en direct des miellées afin de leur épargner des déplacements inutiles. Mais ces temps sont grandement révolus. Les systèmes les plus récents sont maintenant accessibles aux apiculteurs de loisir.

Apiculture connectée pour le loisir

Si l'on met de côté la santé du cheptel, l'apiculteur de loisir ne classe pas nécessairement ses priorités dans le même ordre que l'apiculteur professionnel. Avec une moyenne de 5 à 10 ruches, l'apiculteur de loisir assouvit avant tout une passion. Il est curieux de la conduite d'un élevage, de l'observation de la nature, d'une pratique technique et complexe qui dépend de nombreux facteurs, avec en mesure finale sa récolte de miel.

Très souvent, son intérêt pour une apiculture de précision est motivé par le désir de mieux comprendre. Comprendre les miellées, le développement du couvain, les essaimages et autres phénomènes. Son apprentissage, plus ou moins méthodique et scientifique, le conduit à pratiquer une apiculture basée sur des mesures et des faits avérés.

Il voit donc les systèmes connectés comme un dispositif qui peut lui apporter des informations plus précises et plus fréquentes. Ainsi, combinés avec ses inspections régulières, les systèmes connectés lui apporteront des connaissances complémentaires pour développer la qualité de sa pratique.

Conseils pour se lancer dans l'apiculture de précision en loisir

Comme toute pratique l'Apiculture de Précision s'apprend. Il vous faudra pratiquer pour comprendre et vous tromper pour vous améliorer. Et ce malgré tous les efforts que nous mettons pour concevoir le système le plus accessible possible.

L'avantage du système BroodMinder-Mellisphera est sa modularité. Vous pouvez démarrer simplement et approfondir au fur et à mesure. Je vous promets que cela peut aller très, très loin! Les options de configuration du système, que ce soit pour les capteurs ou les logiciels assurent une progression dans la pratique. Il y a donc de la place pour les débutants et aussi pour les experts.

Cette modularité vous permet de vous équiper progressivement. Tous les dispositifs sont compatibles et vous n'avez pas besoin de les acquérir tous d'un coup. Mon conseil, est de démarrer simple, léger et vérifier que le système répond à vos besoins. De cette façon, l'engagement financier de départ sera modéré et vous aurez le temps d'explorer les fonctionnalités.

Un deuxième conseil très important, est de connecter plusieurs ruches pour pouvoir les comparer. Lors de vos inspections, vous comparez toujours l'état d'une colonie avec sa ou ses voisines. C'est pareil en apiculture de précision. Avec une seule ruche équipée vous n'aurez pas de point de repère pour discerner son évolution.

Mon premier rucher connecté

Quelles sont donc les meilleures configurations pour connecter votre rucher de loisir ?

Rucher 1 : Mon conseil est d'installer une ruche complète (Balance W + température interne et humidité TH ) et un capteur de température T2 dans une deuxième ruche. De cette façon vous pourrez suivre 2 ruches pour un montant qui ne dépassera pas 250€ HT. Le Kit Citizen Scientist est conçu en ce sens.

Rucher 2 : Une deuxième option, encore plus accessible, est de tout miser sur le suivi du développement des colonies. Trois capteurs T2 en tout, pour un investissement de 100€ HT.

Ces deux configurations sont sans abonnement avec accès à l'App Apiary et aux portails BroodMinder et Mellisphera.
Toutefois, ne le cachons pas, ces options comportent deux limitations. En effet vous devrez vous déplacer sur le rucher pour récupérer les données avec votre smartphone. Par ailleurs, certaines fonctions des applications sont réservées aux comptes premium. Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, vous aurez largement ce qu'il faut pour vous lancer !

Il y a également une dernière condition pour les comptes gratuits : l'obligation de transmettre les données des capteurs à "beecounted.org". Beecounted.org est une initiative internationale de science collaborative dont Mellisphera est partenaire. De ce fait, nous transmettrons les relevés de vos capteurs et la position approximative de votre rucher pour qu'il s'affiche sur une carte. Sachez néanmoins que nous ne connaissons pas la position exacte de votre rucher. Vous nous communiquerez votre code postal et le rucher apparaîtra sur la place de la Mairie de votre commune.

Bienvenue dans le club des apiculteurs de précision

Connecter un rucher de loisir avec trois ruches offre déjà une expérience enrichissante. Vous pourrez apprendre les bases de l'apiculture de précision. Avoir votre première saison de données... Puis, si vous souhaitez aller plus loin, vous pourrez équiper d'autres ruches. Voire, automatiser le relevé des données pour être informé en temps réel des événements.

Vous êtes paré pour devenir apiculteur de précision. Le système BroodMinder-Mellisphera permet de suivre l'ensemble du rucher. On ne parle pas ici de "ruche connectée" mais de "rucher connecté" ou "d'apiculteur connecté" qui utilise l'information pour prendre des décisions bien concrètes.

Je vous ai exposé dans cet article quelques choix les plus courants pour équiper un rucher de loisir. Avec l'expérience, vous trouverez la formule la mieux adaptée et vous l'affinerez pour en tirer le maximum de satisfaction, de plaisir et de miel bien sûr.

Références pour aller plus loin



Rucher professionnel dans un champ de colza

Équiper un rucher de production - Apiculteurs Pro

Quelle est la meilleure configuration pour équiper un rucher de production ? Voici une des premières questions que posent nos futurs clients. L’interrogation est fondée car le système Mellisphera-Broodminder est modulaire et permet de multiples options.

Dans l'usage le plus courant, l'apiculteur professionnel veut se servir du dispositif pour suivre ses ruches à distance. Il souhaite être informé des miellées (un classique) mais également de l'état de ses ruches (moins courant). Cette information doit être transmise à distance et en temps réel. De ce point de vue, le transmetteur de données devient incontournable.

Transmetteur de données broodminder

Votre rucher est desservi par le réseau mobile

Il faut certainement vérifier que le rucher soit couvert par la 3G. Votre smartphone vous en donne déjà un aperçu. Mais il ne faut pas s’arrêter là. En effet, la carte SIM incluse dans le boitier est multi-opérateurs. Votre abonnement SFR ne capte pas au rucher ? Peut être que Orange ou Free ont une meilleure couverture. La SIM utilisera le meilleur des réseaux. Vous pouvez dans ce cas installer le transmetteur de données au rucher.

Le transmetteur couvre un rayon de 20m autour de lui. Sur cette surface il est envisageable d'installer une vingtaine de ruches. C'est ce que nous préconisons 20 ruches par boitier. Si votre rucher est plus important ou que la disposition est plus en longueur il faudra éventuellement soit un deuxième transmetteur.

Quels capteurs installer sur les ruches?

La gamme de capteurs Broodminder est très complète et sans cesse en train de s'améliorer. Actuellement vous avez le choix entre une balance W et deux types de capteurs internes : T pour la température et TH pour la température et l'humidité.

Sur un rucher de 20 ruches nous préconisons d'installer 18 capteurs T et d'équiper les deux autres ruches avec des capteurs W et TH. C'est à dire, deux ruches complètement équipées et 18 avec suivi de couvain et essaimage. De cette façon vous assurez un suivi de l'ensemble du rucher à un coût optimal (1347€ ).

Vous faites de la transhumance

Dans ce cas de figure il est probable que vous ayez un rucher "base" et des sites de "production". Le site de base permet de suivre les ruches qui devraient partir en production. Dans ce cas on équipe le site base avec un transmetteur qui reste fixe sur place. De cette façon vous disposez d'un suivi rapproché des opérations sur ce rucher : développement de couvain, remérage, éventuelles divisions qui ont repris, etc...

Arrivé le jour de la transhumance vous sortirez la liste des ruches classée par volume de couvain et vous emporterez les meilleures vers le site de production.

Sur le site de production vous devrez installer un deuxième transmetteur de données. Ce transmetteur dit "transhumant" vous suivra sur tous les sites de production.

Dans cette configuration vous êtes en capacité de suivre les ruches du rucher base (en préparation ou récupération) que vous voulez mener au mieux de leur forme pour la production. Mais aussi les ruches du site de production pour identifier tout événement (miellé, température ambiante) ou anomalie (essaimages, perte de la reine, vol de ruches).

Ainsi, avant de vous déplacer au rucher, vous connaissez l'état de vos ruches là bas. S'il y en a deux en perte de vitesse, vous faites un détour par le rucher base, vous y prélevez deux colonies en meilleure forme afin d'effectuer le remplacement.

Lorsque vous changez de site de production, la même logique s'applique. Quelles ruches de production du site A peuvent partir vers le site T ? Lesquelles doivent être rapatriées au camp de base pour un soin intermédiaire ?. Sortez vos listings de ruches classé par volume de couvain et identifiez les quantités à déplacer entre les trois sites.

Equiper un rucher de production - Logique de rotation entre le site de Base et sites de Production
Logique de rotation entre le site de Base et les sites de Production

Avec ce système, deux transmetteurs vous permettent d'assurer la visibilité de l'ensemble des ruches concernées, où qu'elles se trouvent.

Équiper un rucher de production non desservi par le réseau mobile ?

Cela peut arriver, un site "en zone blanche" sans réseau mobile. A quoi bon une solution de monitoring en temps réel sans connexion ?. C'est vrai l'intérêt devient moindre, mais pas nul ! Les capteurs dans les ruches mesurent leurs constantes vitales tout au long de la saison. Si la ruche passe par un site non desservi, le capteur continue à enregistrer les événements. Et lorsque vous passerez au rucher, votre smartphone et l'App Apiary pourront relever les données et les transmettre dans le cloud plus tard, lorsque vous aurez retrouvé le réseau. Vous aurez une actualisation de la situation et verrez les éventuels essaimages ou pertes de couvain.

Conclusion

Le système Mellisphera permet de suivre l'ensemble du rucher. On ne parle ici de "ruche connectée" mais de "rucher connecté" voire aussi "d'apiculteur connecté" qui utilise l'information collectée pour prendre des décisions concrètes. Nous avons exposé ici quelques choix courants pour équiper un rucher de production. Avec l'expérience vous trouverez la formule la plus adaptée et l'affinerez au fil du temps pour en tirer le maximum de bénéfice.

Références pour aller plus loin



La reine fondatrice des frelons asiatiques - vespa velutina

Frelon asiatique - L'arrivée des reines fondatrices au printemps

C’est bien connu, le frelon asiatique -Vespa Velutina - exerce une forte pression sur les colonies. La ruche ne peut plus opérer normalement et risque un affaiblissement. A court de réserves ou de nouvelles abeilles la colonie peut avoir des difficultés à traverser l'hiver. La prédation s'exerce à la fin de l’été et durant l'automne, mais c'est le résultat d’un processus initié au printemps avec l'arrivée des reines fondatrices.

La reine des frelons prend ses quartiers

Au printemps les reines fondatrices sortent de leur hibernation et démarrent leur colonie dans un tout petit nid. C’est la colonie d’amorçage. Ce nid est relativement fragile. Pour cette raison la fondatrice s'installe souvent dans des endroits abrités. Charpentes et autres appentis sont des endroits privilégiés.

Un nid d'amorçage de frelon asiatique accroché à une poutre. Caractéristique de l'arrivée des reines fondatrices
Un nid de frelon asiatique en cours de contruction, accroché à la poutrelle d'un apentis

Le nid contient quelques alvéoles qui vont donner les toutes premières ouvrières de la colonie. Dans la photo suivante on distingue bien la structure du nid en cours de construction. Sur la photo ci dessous on y voit également quatre œufs.

La construction de ces nids est relativement rapide, environ deux à trois jours. Dans le cas présent, la reine fondatrice a déposé les œufs bien avant de l’avoir terminé. Il faut faire vite car c’est une période à risque !

Madame Velutina a également une stratégie de camouflage lorsqu’elle est dérangée sur son ouvrage. Elle se cache dans l’interstice entre l’enveloppe et les alvéoles. De cette façon elle passe inaperçue le temps que le danger disparaisse. Sur l'image on distingue ses ailes et rien de plus !

La reine des frelons se cache dans le nid en cas de danger
En cas de danger la fondatrice se cache derrière les alvéoles

Le nid est conçu de telle façon qu'il laisse un espace suffisant à la fondatrice pour se cacher autour du support des alvéoles. On l'imagine bien enroulée le thorax plie.

Vue en section du nid, l'emplacement au dessus des alvéoles permet à la reine de se cacher
Ce nid d'amorçage présente une double couche sur l'enveloppe externe. On y voir bien la chambre supérieure

Et voici la Reine des Frelons, Mme Velutina un peu fâchée qu’on lui ait décroché son T1 pour le mettre en pot.

La reine fondatrice piégèée dans un bocal avec son nid

En conclusion

Face au frelon asiatique prévenir est mieux que guérir. Au printemps l'arrivée des reines fondatrices est un moment clé pour limiter l'impact plus tard. Surveillez vos charpentes, faitages et autres poutres d’appentis. Ces endroits sont prisés par les fondatrices qui cherchent à élever leur première cohorte.


Liens externes

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Quatre frelons asiatiques devant une ruche tétanisent la colonie - source ADANA

Effet de la prédation du frelon asiatique sur le développement de la ruche

C’est bien connu, le frelon asiatique -Vespa Velutina - exerce une forte pression sur les colonies. En principe cette pression se traduit par un affaiblissement de la colonie, qui ne peut plus opérer normalement. Mais quel est le réel impact sur la colonie? A partir de quel moment on considère qu'il existe une pression importante ? Peut-on mesurer les effets de la prédation du frelon asiatique sur les ruches?

La pression du frelon asiatique sur les ruches

En fin de saison 2019 j’ai vu mon rucher entamer une descente très importante sur le volume de couvain. C’est comme si la reine avait mis le frein sur la ponte ! En constatant cette descente, j'ai pensé que c’était lié à la récolte de miel. Sans le volume des hausses, les abeilles devaient se trouver confinées dans le corps de la ruche. Mais en regardant de plus près, cette descente avait été entamé le 27 juillet alors que la récolte avait eu lieu le 2 Août. L'hypothèse ne tenait pas la route. En allant sur mes notes, j'ai vu une autre option : fin juillet j'avais noté une intensification de la pression des frelons.

Les huit ruches de ce rucher montrent à partir de fin juillet une descente très marquée du couvain

La pression du frelon asiatique sur le rucher a été relativement forte en 2019. Ce rucher faisait partie d’un programme de suivi de prédation piloté par l’ADA Nouvelle Aquitaine. Les données relevés montrent jusqu’à 7 frelons par ruche. Elles confirment également le début de prédation vers le 25 aout.

Taux de prédation du freln sur un rucher à Pau
Taux de prédation du freln sur un rucher à Pau
Quatre frelons asiatiques devant une ruche tétanisent la colonie
Quatre frelons asiatiques devant une ruche tétanisent la colonie

Avec toutes ces informations, la relation de cause à effet semble s’éclaircir. Toutefois, pour pouvoir confirmer effectivement l'effet de la prédation du frelon asiatique sur le couvain il faudrait se comparer à d'autres ruchers. Qu'à cela ne tienne ! Nous allons choisir trois autres ruchers du département. Ils ont des niveaux de prédation différents et comme leurs ruches sont également équipées de capteurs internes nous pouvons comparer effectivement leur niveau de couvain.

Comparaison entre ruchers

Les trois ruchers sont situés à moins de 30 km les uns des autres. Chacun avec ses spécificités par rapport au frelon asiatique.

  • Parbayse est un rucher situé en pleine forêt et peu affecté par les frelons.
  • Beaumont est un rucher situé en ville, relativement prédaté mais équipé d’un piège électrique contre les frelons.  
  • Lescar est un rucher également assez prédaté mais le nombre de ruches présent (~ 25) limite la pression sur chaque colonie.

La comparaison montre très clairement que la descente du volume de couvain dans les ruches n'est pas la même pour tous les ruchers. L'écart est même assez important en septembre et en octobre. Ceux avec une faible pression ou une meilleure maitrise ont des couvains plus volumineux, plus longtemps.

L'hiver arrivant, on voit bien en revanche un mouvement synchrone de tous ces ruchers pour limiter la ponte. L'inflexion est nette autour du 15 novembre. C'est également un autre argument en faveur de cette comparaison. Les ruchers sont proches les uns des autres et subissent peu ou prou le même environnement. L'écart entre eux en cette saison est donc très probablement lié à la présence du frelon.

Prendre les dispositions nécessaires pour compenser la pression

Le constat de la descente du couvain prononcée a servi pour confirmer le besoin d'un nourrissement exceptionnel. Les interventions qui ont été réalisées ont permis de mener chaque ruche jusqu’au printemps.

Faire face à la menace du frelon n’est pas simple en soi. Néanmoins, une fois caractérisé l'impact, il est possible de faire des choix adaptés qui permettent de mieux gérer le risque.

En conclusion

Cet exemple illustre l’application d’un outil d’aide à la décision pour une meilleure gestion du rucher. Les mesures ont permis en premier lieu de constater une descente prononcée et anormale du couvain. Ensuite cette observation a été corroborée par la comparaison avec trois autres ruchers. L'effet de la prédation du frelon asiatique étant confirmé, il a été mis en œuvre un dispositif de nourrissement adapté. Toutes les colonies ont survécu à l’hiver et ont repris normalement au printemps.


Références

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balance broodminder sous la ruche

Comment installer la balance sous la ruche

Comment installer la balance sous la ruche

La balance Broodminder est à la fois légére (600gr) et robuste car construite en bois de chene et aluminium. Son installation est ultra simple. Etant de type barre elle se place à l’avant ou, de préférence, à l’arrière de la ruche où elle est souvent plus à l’abri du soleil et des regards.

Sur la face opposée il faut prévoir une cale en bois pour compenser les 4cm de hauteur supplémentaire. Si vous voulez faire un travail précis, prévoyez également un niveau à bulle pour niveler l’assise de la ruche.

En fait la balance pèse la moitié de la ruche et fait x2 de la valeur mesurée considérant que le pods est centré entre l’avant et l’arrière.

Selon la position de la grappe, le nivellement de la ruche et la position de la cale, il se peut qu’il y ait un écart de mesure entre le poids total réel et le poids mesuré. Cet écart n’est pas très impactant du fait que ce qui nous intéresse ce sont les variations de poids et non pas le poids absolu.

De cette façon, en ne comptant que des variations, l’éventuel “gros caillou” sur la ruche n’est pas pesé, comme ne sont pas pesés non plus les ajouts de hausses ou de candi ou autres manutentions. L’algorithme se charge de defalquer toutes ces variations qui ont peu à voir avec la production des abeilles.

Une fois installée la balance, assurez vous qu’elle est bien assise sur son suport et que la ruche est bien assise sur la balance ainsi que sur la cale arrière

Quelques astuces

N’enlevez aucune des enveloppes en plastique !. Elles ont toutes leur fonction pour protéger la balance. Il n’y a pas de packaging superflu.

La balance mesure les poids droit et gauche puis calcule le poids moyen de l’avant de la ruche. Assurez-vous une fois installée la balance, qu’elle est bien assise sur son suport et que la ruche est bien assise sur la balance ainsi que sur la cale arrière. Une bonne stabilité est clé pour avoir la meilleure mesure possible.

La balance dispose également d’un capteur de température ambiante intégré. C’est une bonne manière d’avoir une mesure assez précise de la température du rucher.

Le mode d’emploi en 6 étapes se trouve directement sur la balance. Lisez ces trois autocollants !


capteur_temperature_dans_ruche

Comment installer le capteur de température dans la ruche

Voici comment installer le capteur de température dans votre ruche

La mesure de la température interne de la ruche est un élément clé pour suivre la dynamique de la colonie et son état de santé. Son installation dans la ruche est extrêmement simple. Il suffit de le placer au centre de la ruche sur le 5ème ou le 6ème cadre.

Avant de placer le capteur vérifiez qu’il est bien actif. Pour cela, faites pression sur le bouton poussoir qui se trouve sur la carte. Un scintillement rapide de la led rouge devrait se déclencher. Cela signifie que le capteur est en marche. Si ce n’est pas le cas, maintenez la pression pendant 10 secondes. A partir de ce moment, la led rouge devrait clignoter toutes les secondes pendant une minute. Vous venez d’allumer le capteur !

Les capteurs Broodminder sont tout en longueur pour pouvoir faire dépasser la référence du capteur en dehors de la ruche. De cette façon on sait à tout moment quel capteur est dans quelle ruche.

capteur_temperature_dans_ruche

Pour les apiculteurs professionnels, il est possible de raccourcir ce capteur en gardant uniquement l’extrémité de mesure. Placée toujours sur le cadre 5 ou 6 il va être rapidement propolisé par les abeilles. De cette façon, il restera accroché en tête de cadre sans gêner les interventions.

Ne pas avoir de référence visible demande, en contrepartie, une meilleure traçabilité et suivi de l’emplacement de chaque capteur. Sur l’interface Mellisphera, il est possible d’imprimer le listing des ruches et le matériel qui leur est affecté. Ce listing donne également quelques informations sur l’état du couvain de chaque ruche. Je m’en sers personnellement pour organiser et dérouler mes visites au rucher.

De cette façon, je peux aisément contrôler chaque ruche sans me poser de question, tout en traçant mes observations sur le même papier.


Projet Apiculture de precision 2020

Minorque parie sur l'apiculture de précision

Les apiculteurs de l’ile de Minorque et leur gouvernement voient dans la technologie l’opportunité d’apporter un nouvel élan à la filière. Avec le projet “apiculture de précision 2020” ils signent la première initiative de cette envergure sur le territoire espagnol

 

Le miel de Minorque est très apprécié et souvent primé par ses qualités et caractéristiques exceptionnelles. Au point que sur l’ile, les apiculteurs n’ont aucune difficulté à placer leur production bien avant la récolte. Et pourtant le secteur subit les mêmes menaces qu’ailleurs. Pire encore, il doit se conformer à deux contraintes supplémentaires qui sont l’insularité, qui empêche toute transhumance, et le changement climatique, très marqué en méditerranéenne. De ce fait, s’imposent aux apiculteurs une vigilance accrue et une stricte minimisation des risques.

Les apiculteurs sont pleinement conscients de ces risques. Comme l’a exprimé leur président Bernat Cardona lors du tour de presse de lancement du projet « on doit fournir plus de travail pour une production toujours plus limitée ». A partir de ce constat ils comprennent que seulement une rupture technologique pourrait apporter des nouvelles marges de manœuvre.

lancement du projet

Antoni Anglada, apiculteur professionnel et gérant de la marque de miels Dolçamar, voit également dans l’apiculture de précision l’outil qui pourra faciliter sa transition vers l’apiculture biologique. Comme il le fait remarquer, le produit d’exception produit sur l’île doit être également impeccable sur les méthodes de production.

L’administration est également sensible aux risques qui surplombent non seulement la filière. Mais également les services de pollinisation et la durabilité des écosystèmes. Rappelons que Minorque a été classée en 1993 Reserve de la Biosphere par l’UNESCO. Le Conseiller d’économie et territoire Miquel Company parie sur l’alliance entre technologie, innovation, économie et écologie, pour apporter des solutions concrètes sur le terrain.

Huit ruchers repartis sur l’ile

C’est grâce à cette alliance d’acteurs, de volontés et de visions que le projet “Apiculture de précision 2020” voit le jour. Première initiative de ce type sur le territoire espagnol. Dans la première phase du projet, quatre apiculteurs vont équiper 150 ruches connectées reparties sur les différents biotypes de l’ile.

L’objectif est simple : améliorer les opérations et réduire les non-valeurs. Autrement dit, il s’agit d’améliorer l’exploitation et réduire la mortalité grâce à une conduite plus efficace des ruchers.

La technologie de monitoring en temps réel permettra aux apiculteurs de disposer des informations précises à tout instant.

Ces informations concernent l’état actuel du rucher mais également les prévisions d’évolution à 5 jours. Les modèles que développe l’entreprise, inspirées du monde aéronautique, doivent fournir aux apiculteurs des éléments décisionnels de première main.

Projet Apiculture de precision 2020
Les ruchers qui participent au projet "Apiculture de précision 2020" à Minorque

Un plan de formation

Au-delà de l’aspect technologique, le projet contient également un volet de formation. L’apiculture de précision n’est pas une simple digitalisation des pratiques ; c’est un nouveau paradigme. Pour en tirer un bénéfice maximal, l’apiculteur doit savoir analyser les informations qui lui sont fournies. C’est pourquoi la formation est essentielle pour l’enracinement de ces nouvelles pratiques. De fait, nous-mêmes, chez Mellisphera continuons d’apprendre tous les jours au contact des données que nous analysons. En somme, l’adoption de ces nouvelles pratiques passe par un plan de formation bien pensé et structuré. A titre d’exemple, la formation que nous avons dispensé à la Chambre d’Agriculture de Pau l’été dernier nous a permis de faire une première structuration de contenus.

Une base de données essentielle

Outre la formation, les ingénieurs de Mellisphera assureront l’appui technique aux apiculteurs en réalisant un suivi systématique des colonies. C’est un vrai travail d’équipe pour caractériser le comportement des colonies au regard de l’ensemble des informations collectées.

Nous avons également l’ambition d’améliorer nos modèles. En effet cette base de données nous permettra d’enrichir l’algorithme MBLM*. Ce modèle, mis au point sur un climat océanique/continental va être étendu aux spécificités du climat et des abeilles méditerranéennes.

Un enjeu de taille

A tout égard, ce projet contribuera à réaliser l’ambition de Mellisphera : ramener à 10% le taux de mortalité des ruches connectées, tout en remontant le taux de ruches productives de 50 à 70%. Ce sont des objectifs qui stimulent notre créativité et notre engagement. Nous savons à quel point la filière en a besoin. Nous sommes ravis de pouvoir mener ce combat aux côtés d’apiculteurs engagés et visionnaires.

… et un clin d’œil à l’histoire

Les apiculteurs de Minorque ont également une ambition qui les relie avec leur histoire. En 1885 Francesc Andreu Femenias a introduit à Minorque la première ruche à cadres du territoire Espagnol. De ce fait, cette nouvelle technologie avait positionné, à l’époque, Minorque comme pionnière de l’apiculture moderne en Espagne.

135 ans plus tard, les apiculteurs de l’ile et leur administration parient à nouveau sur la technologie pour impulser le secteur au plus haut.

An rucher à Minorque